Biographie de Horst Köhler, Président de la République fédérale d'Allemagne
Enfance et formation
Horst Köhler est né le 22 février 1943 à Skierbieszów, en Pologne. Ses parents, des agriculteurs de souche allemande originaires de la Bessarabie roumaine, furent déplacés de force vers la Pologne qui, à l'époque, était sous l'occupation de la Wehrmacht. Horst Köhler est le septième de huit enfants.
En 1944, durant la guerre, la famille se réfugie à Markkleeberg-Zöbigker, près de Leipzig, pour échapper aux troupes soviétiques et prend un nouveau départ dans une petite ferme. Très vite, sa mère, en particulier, rêve d'une vie meilleure pour la famille. En 1953, avant le 17 juin de cette année, les Köhler parviennent à s'enfuir en République fédérale, en passant par Berlin-Ouest. Ils vivent quatre ans dans différents camps de réfugiés puis, en 1957, finissent par s'établir définitivement à Ludwigsburg en Souabe.
En 1963, Horst Köhler y décroche son baccalauréat au lycée Mörike. Il fait son service militaire, s'engage pour deux ans dans l'infanterie blindée et devient sous-lieutenant de réserve. Horst Köhler finance lui-même ses études de sciences économiques en travaillant. En 1969, il achève ses études à l'Université Eberhard Karl de Tübingen et devient rédacteur scientifique à l'Institut de recherche économique appliquée (Institut für Angewandte Wirtschaftsforschung - IAW). La même année, Horst Köhler épouse Eva Bohnet, enseignante à Ludwigsburg.
En 1977, il obtient son doctorat à l'Université de Tübingen pour sa thèse consacrée au progrès technique et à ses effets sur l'emploi.
Carrière
En 1976, M. Köhler rejoint la Direction générale chargée des questions fondamentales du ministère fédéral de l'Économie à Bonn. À l'époque, ce portefeuille est entre les mains de Otto Graf Lambsdorff. En 1981, il quitte Bonn pour Kiel et devient chargé de mission du ministre-président Gerhard Stoltenberg à la chancellerie d'État du Land de Schleswig-Holstein. Lorsqu'en 1982, Gerhard Stoltenberg devient ministre fédéral des Finances à la suite d'un changement de gouvernement, Horst Köhler quitte Kiel et revient à Bonn où il travaille au centre politique du ministère fédéral des Finances et devient directeur du cabinet. Il est ensuite nommé à la tête de la Direction générale chargée des questions fondamentales du ministère fédéral des Finances et la Direction générale monnaie et crédit compétente pour la politique financière et monétaire internationale.
En 1990, le ministre fédéral des Finances Theo Waigel nomme Horst Köhler secrétaire d'État. M. Köhler négocie l'union monétaire germano-allemande avec les dirigeants de la RDA et, à Moscou, l'accord relatif au retrait des troupes soviétiques de la RDA. Il est négociateur en chef de l'Union monétaire européenne dans le cadre du Traité de Maastricht, ainsi que représentant personnel ("sherpa") du chancelier fédéral Helmut Kohl chargé de la préparation du sommet économique mondial des sept principaux pays industrialisés de l'époque. M. Köhler organise le sommet économique mondial de Munich en 1992, année où l'Allemagne est le pays hôte du G7.
En 1993, Horst Köhler quitte le gouvernement fédéral. Il devient président de l'Association allemande des caisses d'épargne et de virement (Deutscher Sparkassen- und Giroverband - DSGV). Il s'engage en faveur d'une modernisation de l'image de cette association et met l'accent sur la responsabilité particulière que portent les caisses d'épargne pour les petites et moyennes entreprises ainsi que pour le climat social dans les communes. En 1998, Helmut Kohl fait appel à lui comme président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à Londres. Cette banque a pour mission de développer l'économie de marché et la démocratie dans les États de l'ancien bloc de l'Est. Horst Köhler axe la politique commerciale de la banque sur un plus grand soutien aux petites et moyennes entreprises: l'économie de marché doit être construite à partir de la base.
Sur proposition du chancelier fédéral allemand Gerhard Schröder, Horst Köhler devient, en 2000, directeur général du Fonds monétaire international (FMI) à Washington D.C.. Il se fixe pour objectif d'assurer la transparence de la politique commerciale du FMI et de la cibler davantage sur la prévention des crises. C'est pourquoi il renforce la coopération du FMI avec la Banque mondiale dirigée par James D. Wolfensohn. M. Köhler est convaincu que pour garantir durablement la paix et la stabilité, il faut une plus grande mobilisation et plus de succès dans la lutte contre la pauvreté. Ainsi, il entreprend de vastes réformes au sein du FMI.
En 2003, l'Université de Tübingen nomme Horst Köhler professeur honoraire.
Le 1er juillet 2004, Horst Köhler prête serment comme neuvième président de la République fédérale d'Allemagne. Sur le plan de la politique intérieure, le président fédéral se concentre sur la recherche de solutions pour sauvegarder et créer des emplois durables. Pour assurer le renouveau de l'Allemagne, il estime qu'il faut également améliorer le système d'éducation et répondre au changement démographique dans un esprit de créativité. Horst Köhler pense qu'une chance nous est offerte d'organiser entre les aînés et les jeunes une nouvelle forme de vie en commun basée sur l'intégration. Il voit dans l'Allemagne le "pays des idées" qui, conscient de sa propre valeur, s'accorde pour gérer son avenir et aspire à être une force au service du bien dans le monde et notamment au sein de l'Union européenne. Sur le plan de la politique étrangère, il se fait l'avocat d'une mondialisation à visage humain, dotée de règles fiables. Il s'investit énergiquement en faveur de la lutte contre la pauvreté et du continent africain.
Le 23 mai 2009, il est confirmé dans ses fonctions pour une nouvelle période de cinq ans par l'Assemblée fédérale au premier tour de scrutin, à une majorité absolue de 613 voix.
Horst Köhler, de confession protestante, est marié à Eva Köhler et père de deux enfants. Il est membre depuis 1981 de la CDU. Son affiliation au parti est suspendue pendant la durée de son mandat de président fédéral.
