Discours prononcé par Monsieur Horst Köhler, Président de la République fédérale d'Allemagne, à l'occasion de la manifestation "20e anniversaire de la chute du Mur: la victoire de la liberté"
31.10.2009Berlin
L'Histoire est-elle le fait de grands hommes? Oui, cela a bien souvent été le cas, surtout là où régnaient des souverains absolus, des rois et des dictateurs, des sultans et des empereurs.
Mais l'histoire des grandes nations éprises de liberté après la Seconde Guerre mondiale est-elle aussi encore faite par de grands hommes?
Je commencerai par répondre non, pas uniquement parce que de grandes femmes ont également pris depuis le chemin de la politique.
Non, surtout parce que les peuples épris de liberté forgent eux-mêmes leur histoire. Ils font des expériences, tentent d'en tirer les leçons, réfléchissent au chemin qu'ils ont parcouru dans l'Histoire et mènent à ce sujet un dialogue avec eux-mêmes et avec les autres, avec leurs voisins et amis, mais aussi avec leurs adversaires. Les peuples sont aptes à apprendre. Et ils peuvent agir en conséquence.
Vivre, réfléchir, apprendre et agir: c'est également ce qu'ont fait les Américains, les Russes et les Allemands après la Seconde Guerre mondiale.
À l'époque, les États-Unis d'Amérique ne se sont pas de nouveau retranchés dans leur "splendide isolement" comme après la Première Guerre mondiale. Ils avaient appris que la vigilance est le prix de la liberté et ils ont agi en conséquence. Ils ont tendu la main à l'Europe pour la reconstruire (sauf que les pays de la sphère d'influence soviétique n'ont pas eu le droit de saisir cette main tendue) et ils ont tendu à l'Europe occidentale le bouclier américain pour la défendre. En même temps, les États-Unis étaient un emblème de liberté, un pays des possibilités illimitées et une démocratie capable de reconnaître ses erreurs et d'en prendre la responsabilité, de les corriger. C'est également cela qui a fait de l'Amérique un modèle.
C'est le peuple russe qui a compté le plus grand nombre de morts, de soldats morts au combat et d'assassinés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il voulait la sécurité et il voulait la paix et la justice. Mais le marxisme-léninisme ne tarda pas à se révéler funeste, et l'Armée rouge, libératrice du joug du national-socialisme, devint vite une puissance d'occupation. En URSS, des citoyens comme Aleksandr Soljenitsyne désespéraient presque face à la situation politique et sociale, et ils considéraient également qu'il était faux d'imposer aux pays d'Europe centrale et orientale le modèle de société soviétique.
Les Allemands ont fait face à la vérité. Ils ont assumé la honte que leurs actes avaient fait s'abattre sur eux. Ils ont assimilé leur passé et cherché la réconciliation avec leurs victimes, ils leur sont venus en aide et ils ont démontré leur talent pour la liberté, à l'Est avec la révolte populaire en 1953 et avec la fuite de millions de personnes, à l'Ouest avec la mise en place d'une démocratie stable et réussie. D'un autre côté, les Allemands étaient devenus suffisamment raisonnables pour comprendre que jamais plus l'Allemagne ne devrait remettre en cause le droit de ses voisins de vivre dans des frontières sûres. Une énorme majorité dans notre pays était consciente depuis longtemps à la fin des années 1980 que si la question allemande devait un jour se résoudre, cela ne pourrait se faire que dans le cadre de la construction européenne et que les fleuves frontaliers à l'Est ne pourraient être alors que l'Oder et la Neisse.
Les trois hommes auxquels nous rendons hommage aujourd'hui illustrent le parcours d'apprentissage de leurs peuples. Ils ont tous vécu la Seconde Guerre mondiale et ses terribles conséquences, mais la guerre, loin de les durcir et de les paralyser, a aiguisé leur sens pour la mission qui consiste à préserver la paix et à rechercher la liberté et la justice.
George Bush a été soldat et s'est battu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était à l'époque le plus jeune pilote de la Marine américaine. Puis il a été en première ligne pendant la guerre froide. Il connaissait la détresse des peuples opprimés et il a exhorté ceux qui étaient libres à n'épargner aucune peine pour sauvegarder la liberté et lui ouvrir la voie. Sa grande expérience internationale, son ouverture au monde et son attachement à l'Allemagne et à l'Europe se sont avérés pour nous, Allemands, une aide d'une valeur inestimable.
Mikhaïl Gorbatchev était encore enfant quand les Allemands ont attaqué son pays et ont porté le drapeau avec la croix gammée jusqu'à l'Elbrous. Il a vu comment les agresseurs ont ravagé la Russie et comment le peuple russe s'est retrouvé entre le marteau et l'enclume. Plus il avançait dans les responsabilités politiques, plus il s'est rendu compte que les Polonais, les Tchèques et les Slovaques, les Baltes et les Hongrois ne renonceraient jamais à leur désir de liberté. Dans la compétition des systèmes, l'Union soviétique est parvenue au bord de l'effondrement et elle n'a cependant jamais pu conquérir le c?ur des hommes. Transparence et restructuration, Glasnost et Perestroïka, voilà ce dont la Russie avait vraiment besoin. C'est ce que Mikhaïl Gorbatchev a défendu en faisant preuve d'un courage incroyable, et il nous a ainsi aidés de manière incroyable. Merci beaucoup, Mikhaïl Gorbatchev.
Helmut Kohl a vu l'Allemagne s'empêtrer dans une faute terrible, pour laquelle elle a été punie. Son frère a encore été enrôlé et il est mort au front. Helmut Kohl a rencontré des hommes comme de Gaulle et Adenauer et il a poursuivi et fait avancer leur rêve d'une Europe nouvelle et unie. Et il s'est montré d'une certitude infaillible quant au fait que les Américains, les Russes, les Allemands et tous les peuples ont bien plus en commun que de choses qui les séparent, et que les désirs des hommes se ressemblent partout, des désirs de paix et de liberté et d'avoir la chance de parvenir, par ses propres forces, à faire quelque chose de sa vie. Merci, Helmut Kohl.
Mesdames, Messieurs, En voyant nos hôtes d'honneur ici réunis, permettez-moi, avant de poursuivre, de le dire encore une fois: le fait que ces trois hommes sont ici aujourd'hui est en soi une chose merveilleuse. Nous sommes heureux de vous avoir parmi nous aujourd'hui - c'est un signe d'espoir et d'encouragement.
Trois peuples, trois hommes, et un moment extraordinaire de l'histoire qui a duré dans le calendrier terrestre du printemps 1989 à l'automne 1990, le temps de deux semailles et moissons.
Deux semailles et moissons, en Allemagne et en Europe. Ces trois hommes n'ont-ils pas contribué plus que d'autres à ces semailles et moissons? Est-ce que ce ne sont pas quand même ici de grands hommes qui ont fait l'Histoire?
Nous pouvons, je crois, tranquillement répondre aussi par oui. Car aussi sensées les nations soient-elles, elles ont besoin à la longue de dirigeants politiques pour pouvoir agir. Le monde avait alors ces dirigeants depuis longtemps, de Willy Brandt à Ronald Reagan et Margaret Thatcher, de Vaclav Havel à Lech Walesa, de François Mitterrand à Jacques Delors. Les peuples ont besoin de femmes et d'hommes d'État dotés d'un bon ?il pour les circonstances historiques et d'un bon instinct pour le kaïros, le moment d'agir. Ils ont besoin de patriotes pleins d'estime également à l'égard des autres nations, de responsables politiques qui se ren¬contrent avec respect, reconnaissent dans l'autre la gloire et le malheur de sa nation, la fierté de l'action de ses ancêtres et la douleur de leurs errements. Les peuples ont besoin de tels dirigeants qui, par respect mutuel, trouvent la confiance mutuelle. Mikhaïl Gorbatchev, George Bush et Helmut Kohl ont parcouru ce chemin ensemble lorsque notre heure étoilée à tous a sonné en 1989. Je les en remercie encore une fois au nom de l'Allemagne et, j'en suis certain, également au nom de tous les peuples d'Europe.
La soif de liberté des peuples, les révolutions pacifiques de 1989 et l'habileté politique de ces trois hommes ont ouvert les portes à des millions de personnes, transformé la carte de l'Europe et donné au monde des chances et des missions entièrement nouvelles. Nombreux étaient ceux à l'époque qui avaient la vision d'un ordre mondial nouveau et meilleur offrant liberté et progrès à tous. Nombreux étaient ceux qui souhaitaient voir l'Europe et les États-Unis forger et protéger cet ordre. Qu'est-il advenu de cette vision et de ce désir? Quelles tâches en découlent aujourd'hui?
La vision de la liberté et du progrès s'est au moins réalisée en partie. De nombreuses frontières se sont ouvertes pour les hommes, le commerce et les idées. L'Union européenne et l'OTAN ont accueilli de nouveaux membres. Des nations comme la Chine émergent peu à peu de la pauvreté grâce à l'ouverture économique et gagnent en influence politique. Mais il manque encore beaucoup de bon ordre de par le monde. Nombre d'organisations internationales sont toujours ancrées dans les structures de la période qui a directement suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, au lieu de tenir compte enfin de la montée des nations en Asie et en Amérique latine et de l'importance du continent africain. Et là où se constituent de nouveaux forums, tels que le G20, il leur faut souvent encore trouver leur rôle et leur portée et faire leurs preuves. Pour moi, les Nations Unies restent l'enceinte centrale d'une politique mondiale fondée sur la coopération. C'est aussi la conclusion de cette heure étoilée: une politique mondiale fondée sur la coopération. Même si le chemin est pénible, il est dans notre intérêt à tous de renforcer les Nations Unies et de les rendre plus efficaces. Nous devons, je pense, nous montrer encore plus ambitieux dans ce domaine.
En effet, les grands défis de l'humanité n'attendent pas. Nous ne pourrons limiter le réchauffement terrestre et vaincre la faim et la pauvreté que si nous parvenons à mener une politique de développement pour toute la planète. En d'autres termes, nous devons apprendre à gérer mieux et plus durablement l'économie, à ménager les ressources naturelles et à engendrer ainsi paix et développement. Nous avons besoin pour cela d'un ordre international qui fasse d'une conciliation équitable des intérêts, de la protection des droits de l'homme et d'une coopération confiante une affaire quotidienne et non un moment extraordinaire. George Bush a déjà parlé à l'époque d'un tel ordre nouveau et coopératif. Cet ordre ne peut être développé et négocié qu'ensemble, non pas imposé. Ce ne peut être un ordre basé sur l'hégémonie parce qu'aucun pays ne peut construire son bonheur au détriment des autres dans ce monde interconnecté qui est le nôtre. Même dans l'Europe relativement petite tous ceux qui y ont aspiré ont échoué. De plus, le nouvel ordre international devra respecter le fait que les nations continueront de rechercher le bonheur et l'harmonie par des voies différentes.
Il y a vingt ans, nombreux étaient ceux qui pensaient que le monde allait se transformer comme par enchantement en un grand et unique Occident. C'était plutôt bien naïf. Cela ne signifie pourtant pas que la quête de démocratie et des droits de l'homme soit devenue naïve, voire non attrayante. Au contraire! La plupart des êtres humains veulent vivre dans la liberté et l'autodétermination; ils veulent un gouvernement qui n'opprime pas et ne vole pas son peuple et qui ne laisse pas non plus les autres le faire.
C'est pourquoi les États-Unis et l'Europe sont des modèles, qu'ils le veuillent ou non. Les peuples du monde observent très attentivement si la bonne gouvernance existe chez nous, si nous nous engageons de façon crédible pour défendre nos valeurs et si nous usons de nos capacités et de notre pouvoir pour mettre en place le cadre réglementaire dont l'humanité a besoin. Et bien que cet ordre ne puisse être que négocié, cela précisément dépend plus que jamais de dirigeants capables. Le bon exemple et une bonne réputation, voilà ce qui est avant tout nécessaire dans le monde d'aujourd'hui pour bien diriger. Cela donnera d'autant plus aux autres la force de se bouger et de participer, et ce n'est qu'ainsi que tous réussiront. Le président Obama dit à juste titre que l'Amérique ne peut pas maîtriser à elle seule les dangers du monde et que le monde ne peut pas y faire face sans les États-Unis. J'aimerais ajouter, en toute modestie: cela vaut également pour l'Europe.
Avons-nous suffisamment conscience de cette responsabilité? Quelles tâches cela implique-t-il pour nous, Européens?
La première tâche est la suivante: nous devons faire en sorte que les Américains aient encore moins à porter la responsabilité de veiller à la liberté de l'Europe. L'Union européenne a également besoin pour cela d'une politique étrangère et de sécurité qui agisse avec force et cohésion, et qui lui permettra de devenir pour tous un partenaire égal. Nous ne voulons cependant pas décharger les États-Unis pour qu'ils s'engagent en notre nom, en agissant seuls, en faveur de la liberté et défendent nos intérêts en même temps que les leurs. Nous, Européens, devons au contraire contribuer aussi de toutes nos forces à ce que prospèrent dans le monde un sens des responsabilités des États, l'autodétermination démocratique et les droits de l'homme. Cela doit nous tenir à c?ur en Europe, en Allemagne. C'est pourquoi il n'y a pas d'autre alternative à l'entretien et au renforcement du partenariat transatlantique. Une entente européenne dans la politique étrangère et de sécurité, incluant la Russie, serait le complément idéal à ce partenariat.
Et c'est pourquoi la deuxième tâche est la suivante: l'Europe doit devenir à l'échelle internationale, de façon déterminée et durable, une force du bien. Elle a apporté au monde beaucoup de choses: l'héritage judéo-chrétien, les Lumières, l'art, la science et le progrès technique. Mais elle a aussi beaucoup de torts à réparer. Pendant des décennies, sinon des siècles, l'Europe a été la source de très grandes souffrances, dans les guerres coloniales, dans les guerres mondiales, dans la phase de décolonisation et durant la guerre froide. Après un mélange presque sans fin d'erreurs et de violence, elle a enfin trouvé la voie d'une coopération et d'une réconciliation durables, ici en Europe. L'Union européenne incarne à mes yeux l'idée d'un véritable ordre de paix. Que l'Allemagne ne soit plus entourée que de partenaires et d'amis reste pour moi presque un miracle. Je me réjouis donc que ces partenaires et amis soient aujourd'hui ici présents. L'Union européenne - ou, si vous voulez, le modèle européen - associe puissance économique, équilibre social et un trouble créatif à un solide noyau de valeurs et de droits de l'homme intangibles. Nous devrions défendre notre modèle avec assurance face aux autres systèmes, sans pour autant nous mettre en avant. C'est un modèle qui promet des réponses aux défis de l'humanité comme le changement climatique et la lutte contre la faim et la pauvreté. Et là où l'histoire des États était jusqu'à présent un kaléidoscope de puissances latérales et d'alliances sans cesse nouvelles, se faisant face tels des escrimeurs, l'Union européenne pourrait être un exemple qui prouve que seule une communauté pacifique peut rendre vraiment fort et apporte des avantages à tous.
Pour y parvenir, le processus d'intégration européenne a besoin d'une nouvelle dynamique, grâce au Traité de Lisbonne et au-delà. Cher Helmut Kohl, vous avez toujours été maître dans l'art de faire avancer l'Union européenne; vous avez ficelé des solutions et mis des situations en rapport, du "paquet de Stuttgart" qui a mis fin à la fameuse "eurosclérose" des années soixante-dix à l'unité de l'Union économique et monétaire et de l'Union politique en tant que base idéelle du Traité de Maastricht. En même temps, vous avez toujours su que les hommes ont besoin de plus que de projets froidement conçus et d'intérêts habilement regroupés. Les hommes ont besoin de racines, d'appartenance et de perspectives; les hommes ne veulent pas devoir choisir entre pays, patrie et avenir. D'ailleurs, ils sont dispensés de ce choix car l'Union européenne offre les meilleures conditions qui soient pour une fédération européenne dans laquelle les nations et les régions demeurent uniques, tout en étant indissociablement liées sur le plan politique et par un état d'esprit commun. Nombre de nos jeunes ont déjà conquis pour eux cet état d'esprit européen. Ils veulent savoir où sont les chaînes de télévision et journaux européens vraiment puissants, les manuels scolaires européens, les forces armées intégrées de l'UE et le regroupement des voix européennes au sein des organisations internationales. Ils se demandent où en est la stratégie exemplaire de l'UE qui doit amener la transformation en une économie et une société durables et respectueuses des ressources. Ils se demandent à quand l'Office africano-européen pour la Jeunesse après notre expérience réussie avec l'Office franco-allemand pour la Jeunesse et l'American Field Service. Ce genre de questions est malheureusement bien plus avancé que le développement juridique et politique. Je vois ici et dans d'autres domaines beaucoup de place pour une nouvelle pensée et une nouvelle dynamique d'intégration.
La troisième tâche consiste pour l'Europe entière à s'unifier de telle façon que nos frontières ne nous séparent plus, mais nous réunissent. La proposition de Hans-Dietrich Genscher concernant la création d'un espace de sécurité, de liberté et de prospérité allant de Vancouver à Vladivostok demeure prometteuse et sera possible si l'Union européenne met en place avec la Russie et les autres pays de la CEI un partenariat pour l'Europe entière qui repose sur un dialogue intensif, le bon voisinage et une coopération clairvoyante. Tout cela est possible.
De ce point de vue aussi, les conditions sont meilleures qu'elles ne l'ont jamais été au cours des cent dernières années. Nos nations partagent un "sense of belonging", un sentiment d'appartenance commune à un espace européen culturel et économique, et elles peuvent également développer un "sense of purpose" commun, une vision commune de la mission de notre continent au XXIe siècle.
Les échanges culturels entre l'Europe de l'Est et de l'Ouest sont de nouveau aussi vivants et aussi créatifs qu'aux meilleurs moments, on le sent en particulier ici à Berlin, mais aussi dans beaucoup d'autres villes encore. Le nombre des visites mutuelles et des projets économiques communs ne fait que progresser. Et il ne saurait y avoir de doutes quant au fait que l'Ouest et l'Est peuvent obtenir de très nombreux résultats dans leur intérêt commun. Si nous parvenons à développer les réseaux de transport transeuropéens, à asseoir l'approvisionnement énergétique sur des bases sûres et à renforcer la convergence économique et sociale ainsi que la cohésion de tous les pays européens, une période florissante sera possible en Europe comme cela a rarement été le cas dans son histoire.
L'Union européenne et la Russie devraient viser une telle coopération. Si nous parvenons ensemble à valoriser les richesses naturelles de notre continent - et ce sont avant tout les talents de nos citoyens -, si nous parvenons ensemble à mettre un terme au pillage de la nature et à nous engager ensemble pour la justice et la liberté, alors l'Europe jouira de respect et d'influence dans le monde entier et sera un pilier important du nouvel ordre international.
Le nouveau partenariat en Europe nous facilitera également un dialogue sincère sur les thèmes de la démocratie et des droits de l'homme. En parler ouvertement fait partie d'un partenariat sur un pied d'égalité. Nous menons ce dialogue également avec tous les autres, avec les États-Unis par exemple, avec la Chine et avec le monde arabe. Faire pression dans ce sens n'est pas un rajout désagréable aux échanges économiques, mais c'est au c?ur de notre identité, c'est une partie importante de ce qui fait de nous ce que nous sommes en Europe. Nous savons que la démocratie et l'état de droit ne peuvent être imposés de l'extérieur, ils doivent venir de l'intérieur. Il faut également du temps et de la patience. Mais nous savons aussi que ce n'est pas une consolation pour ceux qui sont réduits au silence, qui ne trouvent pas à se faire vraiment entendre, qui sont privés de droits politiques. Nous nous tenons informés d'eux, nous insistons pour eux sur la nécessité d'une amélioration et nous ne céderons jamais sur ce point.
Il y a vingt ans, les peuples ont forgé l'Histoire également parce qu'ils avaient trouvé les dirigeants qu'il fallait pour y parvenir. Comment donc rendre au mieux hommage aux trois hommes que nous célébrons aujourd'hui? En nous remettant au travail demain et en continuant de construire la Maison européenne et une politique de développement pour toute notre planète.
plus des informations

Photo: Guido Bergmann, BPADiscours à l'occasion de la manifestation "20e anniversaire de la chute du Mur" (80kb)